https://www.senscritique.com/film/La_Vieille_qui_marchait_dans_la_mer/403842

L'article est repris et nous n'en sommes pas les auteurs. Voir ci-dessus : Source

Frédéric Dard écrivait couramment 5 à 6 "San Antonio" de front, ce qui lui laissait bien quelques mains libres pour écrire autre chose de temps en temps.
Sentant sa mort prochaine (il lui restait tout de même une douzaine d'années devant lui), le vieux qui écrivait des polars salaces se dit qu'il avait d'autres inquiétudes que de transmettre quelques numéros de comptes en Suisse même si un trésor y était caché, car après tout là-bas, ce sont les fonds qui manquent le moins.

Frédéric gardait la plume bien aiguisée (non, je ne la ferai pas. Je vous la laisse.). C'est ainsi que de la peur de la senescence naquit "La vieille qui marchait dans la mer".

Mais adapter au cinéma un auteur qui mise sur la flamboyance verbale est quasiment impossible. Pourtant ici, derrière le verbe, il y a un fond. Laurent Heynemann ne s'en sort pas trop mal. Avec son complice Dominique Roulet, ils intègrent aux dialogues tout ce qu'ils peuvent de la verve de l'auteur. Ayant rejeté sur les interprètes toute la responsabilité de la transmission, il n'a plus qu'à filmer le plus platement possible.

Grâce à Michel Serrault et surtout Jeanne Moreau, le miracle se produit. La flamboyance de l'auteur passe aux derniers feux d'un couple d'escrocs qui refuse de vieillir. Entre souvenirs grandioses et projets fous, ce sont eux qu'ils arnaquent.
Lady M et Pompilius nous font rire par leur cynisme féroce et dérisoire qui ne réussit pas à dissimuler la tragédie de la décrépitude. Souvent pathétiques, parfois sublimes et altruistes, ces deux héros mènent un combat que nous perdrons tous contre le temps.
Les excès des personnages nous entrainent parfois aux frontières du surréalisme.

Ne riez pas, cela vous guette.
Suivez mon conseil: ne vieillissez pas!

Je vous recommande donc ... le livre!