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[...]  San-Antonio : Bérurier au sérail

« S’ils aiment le beau, le bien léché, le profond, le pur gaullien, qu’ils se rabattent sur la prose de M. François Mauriac de l’Académie française et de l’Elysée réunis. Parce qu’au fait, faut que je vous en cause, mais il y a des tas de pisses chagrin, d’empêcheurs de peloter en rond, d’affligés de l’entresol, d’invertébrés de la membrane, de tourmentés de la coiffe, d’endeuillés du slip, de consternés, de mortifiés, de refoulés, d’éduqués, de subjonctifiés, d’engrisaillés, de documentés, de blazonnés, de cloisonnés, de hémerpés, de sentencieux, de puristes, de claudéliens, d’apostolicromains, de chagrins, de pamalins, de bilieux, d’aqueux, de végétariens, de jamairiens, de grammairiens, des tas de Comtes, des tas de jaloux, de poux, de hiboux, de genoux, de choux-aigres ; des qui ont un Mallet et Isaac à la place du cœur, le Littré à la place du cerveau et un faire-part de deuil à la place du scoubidou-verseur ; des qui n’aiment pas rire de peu et qui sont obligés de se faire chatouiller la plante des pinceaux avec une plume de paon quand ils se font photographier pour ne pas ressembler à une réclame de laxatif….. »

« Je suis le bicarbonate de soude de la littérature ; je ne fais pas penser, je fais roter ! Et c’est à ce titre là que je soulage. C’est à se titre là que j’ai tant d’amis. J’accomplis ma mission, la main dans la main du cassoulet toulousain… »

Extrait des Œuvres complètes de San-Antonio, volume III," Bérurier au Sérail" p71-72 aux éditions Fleuve noir.

Cet extrait pour rendre hommage à mon grand-père que j’ai tant vu rire en lisant des San-Antonio et en hommage à son auteur, Frédéric Dard. [...]