San-Antonio, demandez les nouvelles !

20 novembre 2017

Votez Bérurier

https://autodidacteblog.wordpress.com/2017/11/19/votez-berurier/

 

 

Votez Bérurier (S.-A #056)

 

San-Antonio «Votez Bérurier» (1964)

San-Antonio «Votez Bérurier» (1964)

« […] Tu dois commencer à piger que dans ce patelin,
le métier de candidat est de tout repos. De tout repos éternel ! »

San-Antonio « Votez Bérurier »

L’année passée, on a assisté à l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le 45ème président ds États-Unis d’Amérique.

Cette année, on a déjà vu l’élection de Manuel Macron en France et d’Angela Merkel en Allemagne.

L’année suivante, ça va être la réélection de Vladimir Poutine en Russie. Même s’il n’en a pas encore pipé mot.

C’est de la démocratie, me dites-vous? Mais, vous êtes tous barjots, alors! Votre putain de démocratie de m…., vos «érections» (Béru dixit) à deux balle et des politicards à deux sous. Ce n’est que pour les démunis de la cervelle, des Duchnock neuneus, prêts à avaler toutes les couleuvres et à voter des deux mains tout scélérat convaincant!

Le gars Bibi va changer de crèmerie! Le cap sur Bellecombe-sur-Moulx, bourg trois fois plus florissant que tous les autres pays rassemblés.

Ça tient du miracle? Niente, mes potes! Découvrez bien ce pot aux roses: en 1963 Bérurier Alexandre-Benoît, inspecteur principal de la maison Royco, un des fondateurs et des membres virils du P.A.F. (Parti Amélioré Français), s’y est présenté aux suffrages. La formule du succès est bien simple: «Votez Bérurier» et prospérez.

♦ Auteur : Frédéric Dard (sous pseudonyme de San-Antonio)
♦ Titre : Votez Bérurier
♦ Série et situation dans la série: San-Antonio #056
♦ Éditeur / publication: Éditions Fleuve Noir / 1er trimestre 1964
♦ Date / lieux principaux de l’action : Été de l’année 1963 / Saint-Turluru-le-Haut, Bellecombe-sur-Moulx; Paris
♦ Personnages principaux : San-A, Félicie, sa brave femme de mère, le Vieux, Bérurier, Pinaud, M. Morbleut, l’ex-adjudant de gendarmerie, Mathieu Mathieu (alias Mathieu Mathias), etc.

La quatrième de couverture :
Guillemet Par autorisations spéciales du Préfet de Seine-et-Eure et du garde champêtre de Bellecombe, nous reproduisons fidèlement la plus étrange affiche électorale jamais placardée :
Bellecombais, Bellecombaises !
On n’est pas ce que vous croyez !
La preuve, c’est que moi, Bérurier Alexandre-Benoît, inspecteur principal, je lance un défi à l’assassin de Bellecombe en me présentant à vos suffrages ! S’il veut m’empêcher de candider, qu’il y vienne !
La politique je m’ai toujours assis dessus, et sans coussins ! C’est pourquoi je me présente sous un parti nouveau dont moi et l’ex-adjudant Paul Morbleut, mon adjoint, on est les fondateurs et les membres virils : le P.A.F. (Parti Amélioré Français).
Ce soir, dans la salle des réunions, on vous définira notre programme. Venez nombreux, l’assassin y compris !
Et surtout : Votez BERURIER !!!

I.

Le commissaire San-Antonio et Félicie, sa brave femme de mère, passent les vacances à Saint-Turluru-le-Haut. San-A s’y ennuie comme un rat mort. Il est déjà prêt à faire les valises et partir pour la Côte d’Azur, lorsque le facteur entre en trombe à leur hôtel:

Guillemet « — Vous savez la nouvelle? clame-t-il […]
— Non! répondent en chœur les marchands de frites.
— On nous en a tué encore un!
— Un quoi? s’enquièrent d’une seule voix les additionneurs réunis.
— Un candidat député, pardine… »

À quatre kilomètres de Saint-Turluru, dans la ville voisine de Bellecombe-sur-Moulx, se déroulent des élections partielles. Une semaine avant, le candidat communiste a été tué à son domicile «dans des circonstances extrêmement mystérieuses.» Et en voilà encore un assassinat! Et la victime est un autre candidat député! Deux victimes étaient d’opinions nettement opposées. Ils n’étaient pas seules chez eux au moment du meurtre, et pourtant, l’assassin a réussi à les liquider sans être vu ni connu. Deux crimes en vase clos. Une hécatombe politique, quoi!

L’enquête piétine et le Vieux, chef de San-Antonio, renvoie sur place l’inspecteur principal Bérurier. Dans la lettre adressée au commissaire, le Big Boss insiste pour élucider le fond de cette ténébreuse affaire.

Peu de temps après, le troisième candidat député avale aussi son bulletin de naissance pour clamser bel et bien dans son garage. En vase clos! Triple enquête !!!

Et l’extraordinaire, le légendaire, l’incomparable Alexandre-Benoît Bérurier, inspecteur principal, «lance un défi à l’assassin de Bellecombe»! Il crée le P.A.F. (Parti Amélioré Français) en coopération avec «une vieille baderne d’adjudant de gendarmerie» et se présente aux élections.

Guillemet « — Faut qu’on en sorte, non ? Si c’est un fou qui a décidé de buter les candidats, il essaiera de m’avoir. Seulement, pour avoir Béru, faut pas oublier de se lever de bonne heure et de mettre en guise de flanelle son gilet anti balles ! »

Le paysage politique des Bellecombais et des Bellecombaises va irrévocablement changer!

II.

«Votez Bérurier», ce 56e roman de la série policière «San-Antonio», a été publié en 1964 (1er trimestre).

Pour moi, ce volume est un point crucial où s’opèrent des changements importants, fondamentaux.

Ne permettriez-vous pas que je vous demandasse entre nous, les philosophes, ce que c’est qu’un changement. Le Petit Robert 2012 prétend que c’est un «état de ce qui évolue, se modifie, ne reste pas identique (choses, circonstances, état psychologique)». Chaque changement va crescendo. C’est comme des vagues qui commencent à déferler sur le sable faiblement. Puis, leur violence se densifie. Et à la fin des fins,  elles vont se muer en un Déluge pour inonder toute la Terre. Petit à petit, l’oiseau fait son nid, quoi!

Avec l’œuvre, c’est la même chose. Regardez bien les derniers volumes de San-Antonio. Ils s’améliorent d’un roman à un autre. Il y a du mouvement, du délire à profusion, de l’humour. Toutes les marques de fabrique san-antoniesque sont présentes: des calembours, des métaphores, des néologismes, des termes bizarroïdes inventés, des noms loufoques, des digressions lyriques, des accumulations. En outre, l’auteur assaisonne ces livres par un bon tempo et la beauté de son langage fruité et narquois. Et tout ce cocktail s’amplifie successivement pour mettre finalement au monde «Votez Bérurier».

Ce petit chef-d’œuvre, se distingue de ses homologues par l’intégralité inouïe de tous ses éléments majeurs, par la souplesse, la fluidité et l’aisance de l’écriture de Frédéric Dard. Une très belle histoire. Impossible à la lâcher.

P.S. Voici quelques éléments stylistiques de ce roman à vous de savourer. Personnes baveuses s’abstenir:

1. Des accumulations fabuleuses:

Guillemet « Ça pullule. Ça crie ! Ça vocifère ! Ça fume ! Ça s’interpelle ! Ça s’interpol ! »
Guillemet « Et enfin, la longue chenille ondulante des anonymes, des sans grade, des partis-sans-laisser-d’adresse, des diminués moraux, des augmentés sociaux, des vacanciers, des vaccinés, des humiliés, des curieux, de tous ceux enfin qui assistent aux sépultures parce qu’il fait bon enterrer son prochain. »

2. Des néologismes:

Guillemet « Il est très sollicité, très entouré, très pourléché, très flatté, très adulé, très acidulé, très pourtourdutroubeurré. »
Guillemet « — Je ne sais pas qui a semé ce vent-là, mais en tout cas il récolte la tempête, le venticulteur! »
Guillemet « Elle bredouille des mercis, sème des larmes, émiette des soupirs et rauquifie un sanglot pour les gens huppés. »
Guillemet « — Si c’est pas z’honteux de rouler sur une vieille bécane sans freins, sermonne Sa Majesté députable. T’aurais pu te tuer, petit! »
Guillemet « Je pénètre à sa suite dans l’établissement brouhahateux. »
Guillemet « Juché sur un tonneau, Diogène triomphant, coiffé d’un canotier chevaleresque et flanqué de Morbleut et d’un Pinuche plus cachenezé que jamais. »

3. Mots anglais implantés dans la phrase française:

Guillemet « C’est la décoration number one de la desserte. »
Guillemet « On s’isole en bout de table et il me fait un petit digest. »
Guillemet « Je fais claquer mes fingers. »

4. Des digressions lyriques ou Ode aux cons (l’une des premières, à ce qu’il me semble):

« Dans la vie, il n’y a que les c… qui soient capables d’en dire! Les autres se mettent la calbombe en pas de vis! Ils se tortillent la matière grise, ils brodent, ils blablatent, ils déforment. Le c…, lui, il dit ce qu’il pense vraiment et comme il pense juste il dit juste. N’entreprenez jamais rien de grave dans la vie sans avoir pris l’avis d’un c…! C’est une grande règle que les grands hommes d’affaires connaissent et appliquent. Vous pouvez le remarquer: ils ont toujours des tas de c… autour d’eux. Des c… nobles, pour le standing de la maison; des vieux c… pour son honorabilité; et une infinité de pauvres c… pour porter le coton, le chapeau et la chance! Les plus futés s’assurent même la collaboration de sales c… afin de cristalliser sur eux le mauvais esprit qui finit toujours par s’insinuer dans une communauté. Le c… c’est le micro-organisme. Sans lui, l’univers serait en décomposition. »

5. Un extrait de la surenchère électorale de Bérurier:

« — Commençons par le commencement : la classe ouvrière.
Applaudissements frénétiques car la formule fait toujours recette.
— Voilà comment que je vois les choses : augmentation des salaires de quatre-vingts pour cent…
On hurle. On s’époumone. Il calme. Il continue :
— La télévision dans les usines. Y a pas de raison que les pauv’ mecs qui se crèvent l’oignon devant une foreuse ou un tour, ratent la rémission d’un match de fote-balle si qu’il a lieu l’après-midi ! C’est du kif pour le rugueby, le pennis, l’athéisme, le pinge-ponge et consorts.
Ensuite, la pause beaujolais deux fois par jour, avec service gratuit et dégustation de crus variés : juliénas, saint-amour, morgon, etc.
On délire.
— Après la classe ouvrière, la classe paysanne ! clame-t-il en brandissant son index. Voilà des zouaves, les nabus, qui se font tartir à longueur d’années sous le soleil ou les intenses-péries pour cultiver du blé ou des patates. D’accord ? Faut que ça finisse. À partir de dorénavant on doit leur distribuer le blé et la pomme de terre gratuitement ! Y a pas de raison ! Et leurs terres, me direz-vous ? Eh bien, leurs terres ils en feront des stades et des piscines vu que ça manque à la jeunesse.
Le Gros attend que l’ouragan acclamatoire se soit apaisé. Son médius boudiné rejoint son pouce et son index.
— Je vais vous causer maintenant des commerçants. Pour eux, c’est bien simple : plus d’impôts ! Le gouvernement nous chambre avec la baisse des prix, et c’est lui qui augmente les impôts, faudrait savoir ! Si je supprimerais l’impôt, les prix baissent, c’est recta ! et si les prix baissent, le commerce marche mieux. Donc on se farcit une époque d’abondance vite fait sur le gaz !
Une fois de plus, les beignes éclatent. Il sourit, heureux de cette liesse qu’il dispense.
— Merci, merci. Je vois à vos rédactions que vous êtes d’accord avec le P.A.F. Et vous avez raison. Le P.A.F. vous apportera le bonheur et la jouissance.
Son annulaire s’élève.
— Quatrièmement, la politique intérieure. Y a des urgences à prendre : donner leur anatomie à la Bretagne, à la Savoie, à l’Alsace. Rattacher tous les Pyrénées qu’ils soient Hauts, Basses ou Orientables à l’Espagne qu’est dans la m… Agrandir la Belgique amie qu’est en plein suif, en lui offrant la Somme, le Nord, l’Aisne, la Meuse, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle ! (Il lit sur un papier car sa mémoire n’aurait pu retenir ces précisions). Et puis, comme on est pote à tout casser avec les Chleux, et que ces pauvres diables sont coupés en deux, leur compenser ça en leur remettant la Lorraine et la Franche-Comté.
« Mais c’est pas tout. Pour éviter les zizanies avec le tunnel sous la Manche ou le pont en dessus, y a qu’à refiler le Pas-de-Calais aux English. Comme ça, l’Angleterre ne sera plus isolée et on cessera de se faire tartir avec le Ferry-Boîte. Une fois ces indispositions prises, on sera vraiment entre Français. Ce sera la belle vie de famille, croyez-moi !
Son auriculaire complète la main.
— Dernier point de mon programme : la politique estérieure : alliance avec tout le monde ! On peut bouffer le caviar en buvant du whisky, non ? Et pourquoi se monter le bourrichon avec les Chinois, je vous le demande ? Vous n’aimez pas le riz, vous autres ? Moi si ! En pilaf, et avec la blanquette de veau bonne femme, c’est royal. Traité de paix avec Monaco, je lésine pas. J’invite Nasser à venir passer ses vacances à Rambouillet pour arranger une fois pour toutes la question du Canal de Suède. Je fais placer un pipeline depuis le Sahara jusque dans la propriété de Boumédien parce qu’y a pas de raison qu’il engraisse la Shell. J’organise un concours de belote U.S.A.-U.R.S.S. à la Brasserie Lippe. J’amène sa Santé Paul VI à Avignon, du coup les jambes et les bras lui en tombent et ça devient Paul-Tronc.
Il rit, on rit. Ça relaxe. Il est superbe, Bérurier. Un visionnaire. Il refait le monde à sa mesure. Il le pétrit comme une boulette de chewing-gum. »
[…]
Vive le P.A.F. ! Vive Bellecombe ! En avant ! »

III.

Un grand et gouleyant millésime! Bravo, Frédo! « Vive le P.A.F. ! Vive Bellecombe ! En avant ! »

4.5/5.0

DIVAGATIONS D’UN RUSSKOFF PONTIFIANT

C’est un très bon cru pour «cet été pourri» de l’année 1963. Ça dégouline de verve et d’humour. L’écriture est fluide, miraculeuse de légèreté et pleine d’esprit. Les mots nouveaux sont restreints, ainsi, on porte les regards, les forces et son attention sur l’intrigue! Et on hurle de rire!

J’aurais tout donné pour intégrer ce bled propice, Bellecombe-sur-Moulx, et voir l’Enflure débiter son programme fabuleux aux «électrocuteurs»:

Guillemet « — Bellecombais, Bellecombaises… Si je viens me présenter devant vous pour ce dont au sujet de quoi vous êtes au courant, c’est pas parce que je suis métallo-man. C’est parce que j’estime que le régime de la dégonfle est pas payant et que si on devrait l’appliquer on serait plus digne d’être français. »

ANNEXES

1/ À RETENIR (liste sélective) :

♦ cocherv.tr. — отмечать галочкой;
♦ décanterv.tr., v.intr. — вносить ясность; дать себе время разобраться; отстаиваться;
♦ désaltérant, anteadj. — утоляющий жажду; освежающий;
♦ heure du bergern.f. — 1. час любовного свидания; 2. блаженная минута, благоприятный момент;
♦ moulerv.tr. — прост. бросать, оставлять; умотать, свалить;
♦ revirementn.m. — 1. поворот (судна); 2. перен. полная перемена, переворот; перестройка;
♦ s’offrir en holocauste à qqch, loc.fig. — принести себя в жертву ради чего-либо
♦ sabler le champagne — разг. пить шампанское по случаю праздника;
♦ se mettre la tringle — разг. терпеть лишения; затянуть пояс потуже;
♦ se singulariserv.pron. — отличаться странностями, оригинальничать;
♦ tripatouillerv.tr. — разг1. переделать, искромсать (пьесу); коверкать, бессовестно изменять (текст и пр.)2.мять, комкать; теребить, вертеть в руках; копаться в…;

2/ À CITER :

♦ Deux C.R.S. en D.S. auxquels on a fait le B.C.G. et qui ont la G.D.B. lui sautent sur le colbak.

♦ Il a l’air de rien, le binoclard, mais il te vous escamote une carte que même un prestigieux-tâteur saurait pas en faire autant !

♦ C’est un boyau, plutôt, qui sépare deux églises dont l’une est désaffectée et l’autre désinfectée.

♦ — Lui ! c’est la joie des enfants, la tranquillité des parents et l’un des meilleurs éléments de la police, renchéris-je. Sans Béru, le monde serait gris comme un jour de Toussaint !

♦ — Parce que cette fois, il s’agirait d’un crime en vase clos, et que — tu m’escuseras — mais les crimes en vase clos, mais j’y crois pas. Dans les romans de la Tata Grisbi, du Roi-Vicaire, de Si mais Non ou de la chicorée Leroux, je veux bien. Mais dans la réalité, ça existe pas parce que c’est pas possible.

♦ Le voilà bien, le danger de la presse. Elle sème des formules ; elle crée des mythes et des héros de faits divers, et les faiblards du bulbe comme le marmiton se laissent prendre à ce jeu. Ils veulent se prouver qu’ils sont fortiches, participer eux aussi à l’aventure…

♦ L’univers, c’est un fourmillement monstrueux d’hommes seuls.

3/ À NOTER:

♦ Encore une référence au commissaire Maigret de Georges Simenon (voir les cas précédent: «Le loup habillé en grand-mère» ):

Guillemet « J’avise un petit bistrot, tout ce qu’il y a de sympa. C’est le café de province, avec de vieux guéridons de marbre, des boiseries encaustiquées et un comptoir d’étain. Voilà que je me mets à jouer les Maigret, à c’t’heure! »

Posté par sanantoniodemand à 08:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Vu à la télé Des chiffres et des lettres

DCEDL

Posté par sanantoniodemand à 07:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Vu à la télé Coluche

coluche

Posté par sanantoniodemand à 07:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Vu à la télé Questions pour un champion

https://www.france.tv/france-3/questions-pour-un-champion/321375-emission-du-vendredi-17-novembre-2017.html

 

qp1c

Posté par sanantoniodemand à 07:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Refaire sa vie

http://bibliobabil.com/2017/11/19/la-litterature-et-les-taxis/

 

La littérature et les taxis

 

taxi-1110

À l’instar de l’Oreille tendue, je suis sensible aux petits hasards de la vie, aux accouplements littéraires surtout. Accords de proximité.

Ce matin, dans la Presse +, Chantal Guy se fendait d’une critique dithyrambique du roman de Christophe Bernard : La bête creuse. C’est ici. Je vais le lire.

Citation :

François, petit-fils de Monti, trimballant le manuscrit d’un grand roman, qui part de Montréal pour retourner en Gaspésie (en taxi !).

Hier, sur Facebook, je publiais une carabistouille dans laquelle il est aussi question d’une longue balade en taxi. Je la reproduis, ci-dessous, ma calembredaine :

vivre sa vie

Merdouille. Livre ramassé dans une microbibliothèque sur Beaubien. J’avais le goût de lire fou après m’être farci du Robbe-Grillet. Frédéric Dard : Refaire sa vie. Un beau voyage en taxi, en joyeuse compagnie, depuis le sud de l’Italie en direction de Paris. C’était bien parti sur les rives de l’Adriatique. J’arrive à la page 76… La prochaine, p. 141. Enfoiré! Recherche sur les sites des Bibliothèques de Montréal et de la Grande Bibliothèque pour poursuivre ma lecture : titre inexistant. La personne qui a fait don de cet opuscule a laissé son numéro de téléphone à la fin du volume. Je l’appelle pour l’engueuler? Bah! Vais aller faire un petit tour au Salon du livre de Montréal, des fois. On sait jamais.

Question qui me tarabuste : Vous en connaissez des livres où on se trimbale en taxi sur de longues distances?

De mémoire, de mon côté, sans trop réfléchir :

Raymond Queneau : Zazie dans le métro

Echenoz? Pas certain. Mais il aime les bagnoles…

Bon dimanche!

Posté par sanantoniodemand à 07:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 novembre 2017

Vu dans la presse / Mediapart / Tire m'en deux c'est pour offrir

https://blogs.mediapart.fr/victorayoli/blog/181117/ouiquinde-erotique-avec-san-antonio

Ouiquinde érotique avec San-Antonio. 

L’irremplacé Frédéric Dard a laissé une œuvre foisonnante, boulimique, formidablement créatrice. Tenez, je vais vous faire profiter de ces extraordinaires considérations sur ce quelques aller-retour sur la Grande bleue proférées par Madame de Mouillechaglate dans l’opus « Tire m’en deux, c’est pour offrir » publié en 1979. Savourez, c’est servi chaud !
magritte-pipe

 

- Si je connaissais Clotaire! Cette question! Je lui faisais une pipe toutes les semaines en forêt! Il n'aimait plus que cela, à son âge. Et moi, je raffolais de cette odeur de cuir et de cheval qui se dégageait de son pantalon. Une odeur guerrière, comprenez-vous? De nos jours, les vraies odeurs se perdent. Nous ne sommes plus définis que par les déodorants chimiques. Pouâh! Si je vous disais: l'agrément de la pipe disparaît dans les flots de l'hygiène corporelle. Vous sucez un ouvrier portugais, espérant qu'il pue le bouc, que nenni: il sent la savonnette ! Les Arabes? Pareil! Propres! Ah, ce vilain mot! Une conséquence de la civilisation! Qu'on les vaccine, je veux bien, mais qu'on leur apprenne à se laver, c’est la fin d'un folklore.

L'anonymat du paf est une calamité dont l'humanité n'a pas encore pris conscience. Et qui est en train de détruire un certain aspect passionnel de l'amour. Que deviendra-t-il l'amour, avec une fellation standardisée? Il était indispensable que l'homme sentît l'homme et non le Cadum. Je suis une femme sensuelle, moi, monsieur le commissaire. Je n'ai pas honte de mes instincts. J'appelle un chat un chat et une pipe une pipe. La liberté, c'est avant tout cela. Bon, je passe. Ne suis pas M.L.F. pour autant. La liberté ne peut s'accomplir que dans l'individualisme. Se grouper pour être libre est déjà un début de cessation de liberté, je me fais comprendre? Parfait.

Donc, étant d'une grande sensualité, j'adore la fellation. Mais qui voulez-vous que je pompe? Lécher une eau de toilette? Merci bien! Je vous prends un exemple: vous. Ne sursautez pas. Vous êtes beau garçon, mon cher. Si, si. Et je gage que vous devez vous montrer bon partenaire au lit. Mais pensez-vous un instant que j'aie la moindre envie de vous faire une pipe? Pas question! Vous sortez de votre bain moussant, commissaire. Vous traînez des relents d'O.B.A.O, ou de je ne sais quoi parfumé au pin des Landes ou au citron vert. Bref, votre bite, commissaire, a ainsi perdu sa qualité première qui est de dégager des effluves animales, ou plutôt animaux, effluve étant masculin. C'est devenu de la bite aseptisée, pardonnez-moi de vous le dire. De la bite sous cellophane. Je préfèrerais sucer mon aimable cousin ici présent, dont il est clair qu'il ne surmène pas sa salle de bains.

En y réfléchissant, ma dernière pipe délectable remonte au mois dernier, vous vous rendez compte? Le bénéficiaire en a été un chauffeur de taxi italien. Quand j'ai pris place dans son G 7, j'ai été immédiatement alerté: ça sentait la ménagerie. Aussitôt je lui ai proposé cet instant de félicité. J'ai eu toutes les peines du monde à le lui faire accepter: un Italien du sud, vous pensez ! Quatre gosses plus un en route! Ils sont vertueux, ces gens. Il y a plein d'images religieuses avec leur carte du parti. J'ai dû l'inviter à laisser tourner le compteur pendant l'opération. C'était la première fois! Sa première pipe, commissaire. Il ignorait que cela existait, le chéri.

 

 Illustration: Merci à Magritte

Posté par sanantoniodemand à 08:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]
18 novembre 2017

Frédéric Dard - Aphorismes, phrases et citations Italien

http://www.aforismario.net/2017/11/frederic-dard-frasi.html

Traduction Google -l'article original est en fin  de post

Frédéric Dard - Aphorismes, phrases et citations

Sélection d'aphorismes, de phrases et de citations de Frédéric Dard (Bourgoin-Jallieu 1921 - Bonnefontaine 2000), écrivain français. Une bonne partie de la popularité de Frédéric Dard provient de la publication de la série de livres de police commandée par le commissaire Sanantonio. Les citations suivantes de Frédéric Dard ont été traduites en français par Aphorismario.
Frédéric Dard
Georges et la seule dame
Georges et la dame seule, 1944 

La force des femmes réside dans leur naïveté. 

Saint-Gengoul
Saint-Gengoul, 1945 

Croire que le propriétaire d'une femme est enfantin: une femme n'appartient à personne.

Coffret cadeau
Emballage cadeau, 1971
La prostitution aurait moins de succès si les hommes n'avaient pas besoin de faire confiance à tout prix.
Les connards
Les Cons, 1973
Ce qui console la mort des amis, c'est qu'ils laissent des veuves. 
Ce qui console la mort des amis, c'est qu'ils laissent des veuves. 
(Frédéric Dard)
Maman les petits bateaux
Maman les petits bateaux, 1974
Parler est la pire forme de communication. L'homme ne s'exprime pas pleinement à travers ses silences.
Mettez votre doigt là où j'ai le mien
Mets ton doigt où j'ai mon doigt, 1974
La seule vraie satisfaction de l'homme est de provoquer la jouissance de la femme. 
Je le jure
Je le jure, 1975
Les vacances du seul homme sont les neuf mois passés dans l'utérus maternel. 
Mots arrêtés de San Antonio
Les mots en épingle de San Antonio, 1980
Un mariage est une corne d'abondance et une abondance de cornes.
Le mâle est ce qui est le plus léger au monde, 
une simple pensée le soulève. (Frédéric Dard)
Les pensées de Sanantonio
Les Pensées de San-Antonio, 1996 
Traduction française de Aforismario

C'est en embrassant que tu deviens un embrasseur.

Le bon sens est ce qui vous permet d'être entendu lorsque vous n'êtes pas intelligent.

L'amour est à la portée de toutes les poches. 

L'oubli est la principale ressource des femmes. 

La plupart des gens qu'ils gagnent ne sont pas connus. 

Les bonnes femmes sont comme ça. Personne dans le coeur, sauf l'homme du jour!

Le trou du cul ne perd jamais son temps, perd celui des autres.
Le mâle est ce qui est le plus léger au monde, une simple pensée le soulève.

Mieux vaut avoir des remords que des regrets. 

Ma femme est jeune, j'ai toute sa vie devant moi. 
[Ma femme est jeune, j'ai toute sa vie devant moi].

Pour être heureux, il faut beaucoup dormir et bien déféquer. L'insomnie et son cousin le stitique, sont les damnés de la terre.

Quand une obèse pleure, on pense qu'elle transpire. 

On dit que les aveugles ne voient pas, c'est faux: ils voient du noir. 

Sa femme est si froide qu'elle a fait ses enfants sous anesthésie.

Un piéton est un gentleman à la recherche de sa voiture.
Un politicien ne peut pas faire une carrière sans mémoire, parce qu'il doit se souvenir de toutes les promesses qu'il doit oublier. 
Vivez le présent et laissez le passé au futur. 
[Vis ton présent, et laisse ton passé pour l'avenir].

Réflexions sur les gens d'ici et d'ailleurs
Réflexions sur les gens de chez nous et d'ailleurs, 1999 

Impossible, pas français. C'est pourquoi la France réussit à tout sauf le possible. 
] Impossible n'est pas français. C'est pourquoi en France est repris, sauf le possible]. 

Frédéric Dard - Aforismi, frasi e citazioni

Selezione di aforismi, frasi e citazioni di Frédéric Dard (Bourgoin-Jallieu 1921 - Bonnefontaine 2000), scrittore francese. Buona parte della popolarità di Frédéric Dard deriva dalla pubblicazione della serie di libri polizieschi che ha per protagonista il commissario Sanantonio. Le seguenti citazioni di Frédéric Dard sono state tradotte dal francese da Aforismario.
Frédéric Dard
Georges e la signora sola
Georges et la dame seule, 1944

La forza delle donne risiede nella loro ingenuità.

Saint-Gengoul
Saint-Gengoul, 1945

Credersi il proprietario di una donna è puerile: una donna non appartiene a nessuno.

Confezione regalo
Emballage cadeau, 1971
La prostituzione avrebbe meno successo se gli uomini non avessero bisogno di confidarsi a ogni costo.
Gli stronzi
Les Cons, 1973
Ciò che consola della morte degli amici, è che lasciano delle vedove. 
Ciò che consola della morte degli amici, è che lasciano delle vedove.
(Frédéric Dard)
Maman les petits bateaux
Maman les petits bateaux, 1974
Parlare è la peggiore forma di comunicazione. L'uomo non si esprime pienamente che attraverso i suoi silenzi.
Metti il tuo dito dove io ho il mio
Mets ton doigt où j'ai mon doigt, 1974
L'unica vera soddisfazione dell'uomo è quello di provocare il godimento della donna. 
Lo giuro
Je le jure, 1975
Le sole vacanze dell'uomo sono i nove mesi che trascorre nel grembo materno. 
Le parole appuntate di San Antonio
Les mots en épingle de San-Antonio, 1980
Un matrimonio è un corno dell'abbondanza e un'abbondanza di corna.
Il sesso maschile è ciò che c'è di più leggero al mondo,
un semplice pensiero lo solleva. (Frédéric Dard)
I pensieri di Sanantonio
Les Pensées de San-Antonio, 1996
Traduzione da francese a cura di Aforismario

È baciando che si diventa baciatori.

Il buon senso è ciò che consente di essere ascoltati quando non si è intelligenti.

L'amore è alla portata di tutte le tasche.

L'oblio è la principale risorsa delle donne.

La maggior parte delle persone che frequento guadagnano a non essere conosciute.

Le brave donne sono così. Nessuno nel cuore, se non l'uomo del giorno!

Lo stronzo non perde mai il proprio tempo, perde quello degli altri.
Il sesso maschile è ciò che c'è di più leggero al mondo, un semplice pensiero lo solleva.

Meglio avere dei rimorsi che dei rimpianti.

Mia moglie è giovane, ho tutta la sua vita davanti a me.
[Ma femme est jeune, j'ai toute sa vie devant moi].

Per essere felici, bisogna dormire molto e defecare bene. L'insonne e suo cugino lo stitico, sono i dannati della terra.

Quando un obeso piange, si pensa che stia sudando.

Si dice che i ciechi non vedano, è falso: vedono nero.

Sua moglie è talmente frigida che ha fatto i suoi figli sotto anestesia.

Un pedone è un signore che va in cerca della sua auto.
Un politico non può fare carriera senza memoria, perché deve ricordarsi di tutte le promesse che deve dimenticare. 
Vivi il presente, e lascia il passato all'avvenire.
[Vis ton présent, et laisse ton passé pour l'avenir].

Riflessioni sulla gente di qui e d'altrove
Réflexions sur les gens de chez nous et d'ailleurs, 1999

Impossibile non è francese. È per questo che alla Francia riesce tutto, tranne il possibile.
]Impossible n’est pas français. C’est pourquoi en France on réussit tout, sauf le possible].

Posté par sanantoniodemand à 11:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]

traduction 2017 Frédéric Dard

http://jsprbok.blogspot.fr/2017/11/230-frederic-dard-bodeln-grater.html


traduction Google : Frédéric Dard est comparé ici et était avec Georges Simenon, et il y a quelques similitudes entre eux - des écrivains francophones, hautement productifs et relativement pairs dans le genre du génocide. Mais en tout cas, Dard plonge un peu hors du milieu du genre pont. Il y a des policiers, mais pas un commissaire Maigret ou quelqu'un d'autre qui puisse avoir le rôle classique du détective. Au contraire, c'est un thriller psychologique qui me fait associer davantage à un film de Hitchcock sur un protagoniste qui se trouve dans des circonstances difficiles.

L'enregistrement ne prend que quelques pages pour établir le dilemme. Le personnage principal, un artiste français en vacances en voiture en Espagne, conduit une jeune femme sur une route déserte au milieu de la nuit. N'est-ce pas qu'elle a sauté devant la voiture? Elle ne meurt pas, elle n'est même pas très grièvement blessée, mais elle a perdu la mémoire - pas clair de l'accident ou de quelque chose qui lui est arrivé plus tôt. Il l'amène à son auberge, puis il s'agit de leur relation et de sa tentative de découvrir ce qui lui est arrivé. C'est étonnamment excitant, et l'information vient dans des morceaux si bien équilibrés que vous ne réaliserez pas à quel point elle est composée par la suite. Sur 200 pages, il n'y a pas de place pour des descriptions longues (c'est-à-dire superflues), mais elles sont étroitement et économiquement racontées, mais jamais lues.


Frédéric Dard jämförs här och var med Georges Simenon, och visst finns det likheter mellan dem - franskspråkiga, synnerligen produktiva och relativt jämnåriga författare i kriminalgenren. Men i varje fall här plöjer Dard lite utanför deckargenrens mittfåra. Här finns poliser, men ingen kommissarie Maigret eller någon annan som kan sägas ha detektivens klassiska roll. Snarare är det en psykologisk thriller, som får mig att associera mer till en Hitchcockfilm om en huvudperson som befinner sig i svårbemästrade omständigheter.

Upptakten tar bara några sidor på sig för att etablera dilemmat. Huvudpersonen, en fransk konstnär på bilsemester i Spanien, kör på en ung dam på en ödslig väg mitt i natten. Är det dessutom inte så att hon hoppade framför bilen? Hon dör inte, är inte ens särskilt allvarligt skadad, men visar sig ha tappat minnet - oklart om av olyckan eller av något som har hänt henne tidigare. Han tar med henne till sitt värdshus, och sedan handlar det om deras relation och hans försök att ta reda på vad som har hänt henne. Det är otippat spännande, och informationen kommer i så väl avvägda bitar att man inte förrän efteråt inser hur skickligt det är komponerat. På 200 sidor är det inte plats för långa (det vill säga överflödiga) beskrivningar, utan det är tätt och ekonomiskt berättat, men aldrig tungläst. Tvärtom är det ett påfallande flyt i historien ända fram till - faktiskt - sista sidan.

Den här är en av tre böcker av Frédéric Dard som inleder utgivningen hos Absint noir, Nilsson förlags imprint för deckarutgivning. Jag fick alla tre som recensionsexemplar och ser fram emot att ta mig an de andra två.

 



C'est l'un des trois livres de Frédéric Dard qui lance la sortie d' Absint noir , l'éditeur de Nilsson pour la sortie en salles. Je les ai tous les trois comme une copie d'examen et j'ai hâte de prendre les deux autres.

Posté par sanantoniodemand à 11:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]
17 novembre 2017

Photo

Rendezvous With Frederic Dard In Marbella. Marbella - novembre 1988 - Dans sa maison, portrait de l'écrivain Frédéric DARD assis sur un canapé en compagnie de son épouse Françoise DARD.

Posté par sanantoniodemand à 07:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]
16 novembre 2017

Frédéric Krivine

https://www.ladepeche.fr/article/2017/11/16/2685214-le-quotidien-des-francais-delinquants-ou-resistants-passionne-le-public.html

 Frédéric Krivine Scénariste de la série «Un village français»: [...] À l'âge de 13 ans, je lisais les San Antonio et j'adorais cela [...] 

Frédéric Krivine est déjà sur un autre projet d'écriture. Après l'Occupation, c'est la complexité du couple qu'il va aborder./ Photo DDM, Michel Viala

Posté par sanantoniodemand à 06:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]